Malgré le renforcement des lois et l'engagement national contre les violences basées sur le genre (VBG), la barbarie de l’excision frappe encore. À Bongouanou, dans le centre-est de la Côte d'Ivoire, cinq fillettes âgées de 3 à 9 ans ont subi de graves mutilations génitales féminines dans la nuit du 30 juin 2026.
Grâce à un signalement anonyme, les victimes ont été prises en charge en urgence et deux suspects ont été interpellés par les forces de l'ordre.
Un acte criminel perpétré dans la clandestinité
Les faits se sont déroulés au quartier Dioulakro de Kangandi, dans la commune de Bongouanou. Selon un communiqué officiel du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant transmis à la presse le vendredi 3 juillet 2026, l'alerte a permis d’interrompre le cycle du drame.
Les examens médicaux pratiqués sur les jeunes victimes sont alarmants. Les rapports cliniques font état d’une ablation totale du clitoris ainsi que des petites et grandes lèvres. Cette agression physique d'une extrême violence a provoqué d’importantes hémorragies, des douleurs intenses, des rétentions urinaires, sans oublier de profonds traumatismes psychologiques chez ces enfants.
Évacuées d'urgence vers l’hôpital général de Bongouanou pour recevoir les premiers soins critiques, les cinq fillettes ont rapidement été placées sous la protection directe du ministère de tutelle. Elles séjournent désormais dans un centre spécialisé et sécurisé, où elles bénéficient d’une prise en charge holistique comprenant un suivi médical, psychologique et social personnalisé.
Sur le front judiciaire, l'affaire est prise très au sérieux. Les deux principaux suspects ont été arrêtés et sont actuellement interrogés par les autorités compétentes. Les enquêtes policières se poursuivent activement sur le terrain afin de démanteler l’ensemble du réseau, d'identifier les exécutants ainsi que les complices matériels ou moraux (notamment les parents ou tuteurs ayant donné leur accord), pour les traduire devant les tribunaux.
En Côte d'Ivoire, les mutilations génitales féminines constituent une infraction pénale sévèrement réprimée par la loi. Condamnant avec la plus grande fermeté cet acte rétrograde, le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a réitéré son appel solennel à la vigilance. Les autorités invitent l’ensemble des populations, les leaders communautaires et les familles à dénoncer systématiquement tout acte ou tentative d’excision auprès des services de sécurité ou via les numéros d'urgence dédiés.
Par: Charles ABO
